Une expérience inoubliable : la retraite d’été à Jouvence pour les jeunes adultes atteints de cancer

Quoi : Retraite d’été pour les jeunes adultes atteints de cancer ou en rémission, organisée par CanSupport des Cèdres

Dates : Du vendredi 17 juin (vers midi) au dimanche 19 juin (vers souper)

Lieu : Jouvence (Orford, Québec)

Prix : GRATUIT ! (Transport de Montréal, hôtel, bouffe et activités inclus)

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Récemment, quelqu’un m’a demandé : « Qu’est-ce que tu as trouvé le plus difficile, lorsque tu as eu le cancer à l’âge de 20 ans ? »

Pendant quelques secondes, j’ai d’abord pensé à ces nombreux moments passés à l’hôpital, lorsque j’étais branchée à toutes sortes de tubes et de machines ; j’ai pensé aux opérations et à la douleur qui s’en est suivie pendant des mois ; je me suis rappelé les traitements et leurs effets secondaires qui n’en finissaient plus ; j’ai songé à la fatigue et à l’impression d’être soudainement beaucoup trop vieille dans un corps pourtant « dans la fleur de l’âge ». Disons que je me sentais la fleur de l’âge fanée…

Mais par-dessus tout, je me suis souvenu du sentiment d’isolement. De cette impression d’être terriblement seule, comme isolée du reste du monde. C’est assez paradoxal, puisque j’étais pourtant très bien entourée par ma famille et mes ami(e)s. Que ce soit à la maison ou à l’hôpital, mes proches ont toujours su se montrer présents et à l’écoute. Je leur en serai d’ailleurs toujours extrêmement reconnaissante. Le paradoxe, c’est que ni leur présence ni leur écoute ne parvenaient à apaiser le sentiment d’isolement qui m’habitait en permanence. Il faut avouer que ce n’était pas facile de parler de cancer avec mes parents, mon frère, ma sœur ou mes amis. Tantôt je ne voulais pas les inquiéter avec cela, tantôt je sentais qu’ils ne pouvaient pas réellement comprendre ma réalité. La réalité d’une jeune adulte de 20 ans qui avait dû mettre ses études, son travail, voire sa vie entière sur la glace le temps de guérir.

Je ne connaissais personne, ni de proche ni de loin, qui avait vécu une situation semblable. C’est sans compter que je ne côtoyais que des personnes plus âgées dans les salles d’attente en médecine nucléaire ou en radio-oncologie. J’avais presque fini par croire qu’il n’existait pas d’autres jeunes adultes atteints de cancer au Québec ! Je savais bien sûr que c’était faux, mais je n’en avais jamais croisé un seul.

Par bonheur, en juin 2014, j’ai eu la chance de rencontrer près d’une trentaine de ces spécimens soi-disant rares que sont les jeunes qui, comme moi, avaient fait face à cette maladie. En effet, grâce à l’organisme CanSupport des Cèdres, j’ai pu participer à une retraite d’été pour jeunes adultes atteints de cancer, à Jouvence. Aujourd’hui encore, je n’hésite pas à affirmer que cette expérience constitue – de loin – ce qui m’a fait le plus de bien à travers ma convalescence.

Pendant les deux jours et demi qu’a duré la retraite, des jeunes qui étaient en traitements actifs ou en rémission étaient réunis dans une auberge, à Jouvence, dans les Cantons-de-l’Est. Non seulement le site était absolument magnifique, mais la bouffe était excellente. Au cours du weekend, plusieurs activités étaient organisées pour nous permettre de nous amuser, de relaxer et de profiter de la vie. Baignade, kayak, beach volley-ball, soccer, promenades, siestes sur la plage… il y en avait pour tous les goûts (et pour toutes les conditions physiques). Le soir, feu de camp, guimauves et guitares étaient à l’honneur. L’ambiance générale était festive et extrêmement agréable.

Trois ateliers étaient également organisés pour nous permettre de parler de certaines problématiques en lien avec le cancer. Pendant ces seuls moments du weekend où tout le monde était réuni, un intervenant (psychologue, travailleur social ou infirmière) animait la discussion autour d’un thème en particulier. Cette année-là, les thèmes avaient porté 1) sur la sexualité et les relations de couple pendant le cancer, 2) sur la communication avec nos parents et 3) sur la communication avec notre équipe soignante.

Bon. Je dois avouer d’emblée que je ne suis vraiment pas le genre de fille qui est attirée par les discussions de groupe, surtout quand ça porte sur des sujets émotico-tristo-sentimentaux et qu’on est tous assis en cercle ! Avoir su d’avance que c’est ainsi que les ateliers se passeraient, je crois que j’aurais pris mes jambes à mon cou et que je ne me serais jamais pointée ! Mais heureusement que je ne le savais pas : je me suis retrouvée malgré moi à participer aux discussions… et ça m’a fait le plus grand bien ! Sans blague. Il n’y a pas de mots pour décrire à quel point c’était libérateur d’entendre des jeunes de mon âge, qui ont également eu le cancer, parler de choses que me rejoignaient à mille pour cent. Jamais, jusqu’alors, je n’avais eu l’occasion de parler sans gêne ni retenue de comment je me sentais par rapport à ma relation avec mes parents pendant la maladie. Ou encore, de comment je vivais le fait d’être en couple alors que j’étais toujours fatiguée, que les médicaments jouaient au ping-pong avec mes hormones et que, pour la première fois de ma vie, j’avais l’impression de vivre dans un corps qui m’était totalement étranger.

Le plus beau dans tout cela, c’est que je n’étais même pas obligée de parler pour me sentir libérée. Le simple fait d’entendre d’autres personnes exprimer exactement ce que je ressentais suffisait à me faire un bien énorme. En bout de course, je suis sortie de cette retraite le cœur beaucoup plus léger qu’à mon arrivée. Non seulement j’avais obtenu la preuve que je n’étais pas la seule jeune adulte atteinte de cancer au Québec (!), mais je m’étais fait de nouveaux amis qui partageaient la même situation que moi. J’avais également réussi à panser certaines blessures directement ou indirectement dues au cancer, mais dont personne ne parle jamais ou presque. Et le plus étonnant, c’est que j’avais fait tout cela en m’amusant pendant tout le weekend ! C’est sans aucun doute une expérience que je recommande à tous les jeunes adultes !

La prochaine retraite estivale de CanSupport des Cèdres aura lieu le weekend prochain, du vendredi 17 juin au dimanche 19 juin. Les places sont limitées et presque toutes comblées déjà, mais vous êtes invités à soumettre votre inscription quand même (remplir ce formulaire). Vous serez placé sur la liste d’attente et serez informé plus rapidement des prochaines retraites (hivernales ou estivales). Pour ceux sous traitement actif ou qui sont en post-traitement depuis moins de 3 mois, une note de votre médecin est requise (remplir ce formulaire).

Pour plus de renseignements, contactez Jennifer Finestone (coordonnatrice des thérapies complémentaires et groupes de soutien, drama thérapeute, CanSupport des Cèdres) ou au 514-934-1934 poste 35297.

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Source : Joanie Grenier, membre du comité de pilotage, Programme à Félix

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